Au nord de Londres, la file devant La Crêperie de Hampstead est devenue presque aussi célèbre que les crêpes elles-mêmes. Derrière ce succès se trouve Edward De Mesquita, un Franco-britannique de cette boutique, devenue au fil des décennies une adresse culte.
Avant de devenir crêpier, le fondateur travaillait dans la finance, un univers qu’il dit avoir détesté. Le vrai tournant est venu plus tôt, au contact de la cuisine française, qu’il découvre et adopte. « Je suis devenu véritablement français, en cuisinant français », explique-t-il. Il s’est ainsi formé et a développé son goût pour une gastronomie qu’il considère comme un art.
C’est pourtant à Londres que tout commence vraiment. D’abord, il prépare pour le plaisir des crêpes pour des soirées dansantes de l’église française Notre-Dame, et c’est un carton. Puis en 1977, il entend parler par hasard, d’un marché illégal à Hampstead, il décide de tout lâcher et se lance avec une table, une machine et beaucoup d’instinct. Dès le premier jour, la queue se forme. Commencé en tant que « squatteur » avec un dispositif rudimentaire, il bâtit une remorque en bois en 1980, qu’il installe devant un pub sur la High Street, lieu qu’il n’a jamais déserté.
Le secret d’une file d’attente
Située pile au cœur de Hampstead, quartier bourgeois, la crêperie détonne à l’époque. Les anciens et les propriétaires fortunés de la colline n’aiment pas l’idée de voir un stand de rue français s’installer ici. Après des années de lutte, de changements administratifs, d’interdictions, de tensions avec certains voisins, jusqu’à une tentation de fermeture qui a tenté de couper l’eau et l’électricité, la communauté locale s’est mobilisée. Une pétition a réuni près de 30,000 signatures, des habitués, des célébrités, des anonymes, tous attachés à cette petite crêperie.
L’adresse est depuis devenue emblématique et sa queue aussi. Elle n’était pourtant pas un objectif marketing au départ, simplement le signe qu’un bouche-à-oreille était en train de se créer. « Les gens voient une queue, ils sont curieux », raconte Edward De Mesquita. Pour lui, une file en attire une autre : les passants voient du monde, s’arrêtent, observent, puis finissent par goûter.
Selon lui, le vrai secret de ses crêpes tient à la cuisson et à la caramélisation. « Les gens ne savent pas que l’ingrédient essentiel dans les crêpes, c’est la chaleur », dit-il. Le résultat, ce sont des galettes différentes de celles que l’on trouve ailleurs, avec une texture reconnaissable entre toutes. « L’argent n’est pas notre but. C’est la qualité ». Edward De Mesquita défend une cuisine : artisanale, accessible et sans prétention. Pour cela, il a tout réalisé lui-même, que ce soit l’habitat, la ventilation ou les machines, tout est du sur mesure.
Tout aussi célèbre que certains des clients
Depuis deux ans, un stand voisin s’est installé, à deux mètres, avec une machine standard et un concept semblable. « La plupart des gens ne font pas la différence : ils croient voir une seconde file, alors qu’ils goûtent un tout autre produit ».
Et si la concurrence a réussi à se glisser, c’est aussi grâce à sa clientèle célèbre. Avec des clients comme Ariana Grande, Ashton Kutcher, Mila Kunis ou même Harry Styles, Edward De Mesquita tient à relativiser cette image glamour. « À cause de la presse et des paparazzi, les stars mangent leurs crêpes cachées, c’est vraiment dommage », illustre-t-il.
L’avenir d’un lieu devenu symbole
Longtemps, Edward De Mesquita a résisté à l’idée d’agrandir trop vite. Il a déjà possédé de nombreux restaurants, sans y retrouver ni la même énergie ni la même rentabilité que dans le format plus direct de la crêperie. C’est pour cela qu’il a mis autant de temps à ouvrir un deuxième lieu à West Hampstead, pas loin du premier. Pour lui, le modèle repose sur le flux, la simplicité et la fidélité à un cadre très précis.
Aujourd’hui, l’avenir se dessine autrement. Edward De Mesquita, devenu âgé, a transmis une partie du savoir-faire à son équipe et évoque une suite portée par plus jeune que lui. Son manager a pour projet d’amener le concept de la crêperie dans d’autres pays avec un système de chaîne.
Mais sa ligne reste inchangée : ne pas sacrifier la qualité à la croissance. Et c’est là que se trouve la véritable réussite d’Edward De Mesquita : avoir bâti, à partir d’un petit stand de quartier, une institution londonienne sans jamais renier son esprit d’origine. Une crêperie devenue culte, mais qui continue de fonctionner comme un lieu de métier, de transmission et de fidélité.
Cet article a été initialement publié par French Morning Media Group et est reproduit sur le site de Lumos Education avec autorisation.
Article original : « Edward De Mesquita, l’homme derrière la crêperie culte de Hampstead » par Clara Roche, publié le 11 mai 2026.
Ni rupture nette, ni retour triomphal : dix ans après le vote du 23 juin 2016, le Royaume-Uni et l’Union européenne explorent un pragmatisme prudent. Entre rapprochement économique, coopération défensive et opinion publique qui évolue, certains rêvent de « Brentry ».
La politique du portefeuille
Selon Philippe Marlière, politologue et professeur en politiques française et européenne à l’University College London (UCL), le premier point de rapprochement avec l’UE se fera sur le plan économique, alors que le Royaume-Uni est de plus en plus confronté à des crises internes et externes affectant son économie, dont la croissance reste faible.
Le pays pourrait tout particulièrement chercher à remettre un pied dans le libre-échange européen en se basant sur des modèles d’intégration économique sans adhésion complète, comme celui de la Suisse, qui dispose d’un accès au marché intérieur européen par le biais d’accords et d’un alignement dynamique en matière de réglementation dans certains secteurs. Ce modèle intéresserait tout particulièrement le leader britannique et son gouvernement : Downing Street a déjà pour projet de faire voter une loi proposant de s’aligner aux règles du marché européen dictées par Bruxelles, sans nécessiter par la suite d’autres votes parlementaires.
Il convient également de rappeler que les accords commerciaux post-Brexit conclus avec l’Australie ou dans le cadre du CPTPP n’ont pas comblé le vide laissé par la perte d’accès au marché unique européen — ce qui renforce l’attrait du modèle suisse aux yeux de Londres.
Projets et risques
« La réadmission économique peut se faire par paliers, c’est-à-dire revenir en étant comme d’autres pays européens qui ne sont pas membres de l’UE mais qui font partie de la zone économique européenne, autrement dit bénéficier dans certains domaines de certains droits », confirme Philippe Marlière.
Un projet sur lequel Keir Starmer se montre ces jours-ci « particulièrement ambitieux », comme l’a fait remarquer Iain Begg, professeur et chercheur associé à la London School of Economics (LSE), du fait que le Brexit a laissé un goût amer dans la bouche des Britanniques et que les échanges entre le Royaume-Uni et les États-Unis ne sont pas au beau fixe. Mais ce projet d’une réintégration, même partielle, au marché européen lui paraît compliqué, notamment en raison des sentiments mitigés de l’UE vis-à-vis du modèle suisse et de l’approche envisagée par le Premier ministre, qui donnerait une arme supplémentaire à ses opposants pro-Brexit, comme Reform UK, en vue des prochaines élections.
L’imprévisibilité américaine
La défense pourrait être un autre point de rapprochement, alors que les conflits internationaux se multiplient et que le Royaume-Uni peine à préserver sa « special relationship » avec l’Amérique de Donald Trump, dans un contexte marqué par l’imprévisibilité trumpienne et les critiques du président américain à l’égard de ses ennemis comme de ses alliés.
En outre, le départ du Royaume-Uni de l’UE a sans doute provoqué le « recul du début d’une défense européenne », comme le note Philippe Marlière. Toutefois, le pays a signé l’an dernier un partenariat de sécurité et de défense avec l’UE. Il est aussi déjà « totalement associé aux négociations et réunions de crise » sur d’éventuelles menaces sécuritaires touchant l’Europe, comme on l’a vu après le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
D’autre part, le Royaume-Uni bénéficie d’une « unité de défense » plus large, celle de l’OTAN, « dans laquelle on retrouve déjà une grande partie des Européens » et qui rend moins urgente toute notion de défense européenne. Toutefois, dans l’éventualité d’un départ des États-Unis de l’OTAN, comme l’a plusieurs fois évoqué Donald Trump, Iain Begg considère que la question d’un « OTAN européen » pourrait se poser. « Cela va rapprocher le Royaume-Uni de l’Union européenne », estime-t-il, même si « l’UE n’est pas une organisation de défense » pour le moment.
Un retour dans le bloc encore envisageable ?
S’il y a une éventualité qui semble pour l’instant désuète, c’est celle d’un retour du Royaume-Uni dans l’UE dans un avenir proche, même si un sondage récent — dont la source mériterait d’être précisée — a révélé que 63 % des Britanniques voteraient aujourd’hui pour un « rejoin ». Mais pour le moment, le Premier ministre s’intéresse plutôt à un « rapprochement en douceur », comme le précise Philippe Marlière.
« Il faudra différents gouvernements, de gauche et de droite, qui démontreront qu’effectivement, persister dans cet état, dans cette situation est tout à fait préjudiciable à l’économie britannique », analyse-t-il.
À ce moment-là, l’UE se montrera certainement plus exigeante sur ses conditions pour sceller une adhésion plus pérenne que la précédente, excluant par exemple toute forme de cherry-picking, ou d’exceptions dont bénéficiait autrefois le Royaume-Uni par rapport aux autres pays membres du bloc. « Mais avant d’en venir là, il faudra aussi voir l’état de l’Union européenne », prévient Philippe Marlière, alors que « beaucoup d’années » devraient s’écouler avant que l’éventualité d’un « Brentry » ne soit véritablement considérée.
Cet article a été initialement publié par French Morning Media Group et est reproduit sur le site de Lumos Education avec autorisation.
Lire l’article original: « Dix ans après le vote du Brexit, le grand rapprochement entre le Royaume-Uni et l’Union européenne? » par Morgane Guillou, publié le 5 mai 2026.
Pour de nombreux parents londoniens, la pression liée à l’augmentation du coût de la vie, conjuguée à la hausse constante des frais de scolarité, fait de l’enseignement public une option de plus en plus attractive. Dans ce contexte, nous avons souhaité mettre en lumière certaines des excellentes écoles publiques que Londres a à offrir.
La capitale a la chance de compter de nombreux établissements publics remarquables, proposant une grande diversité de spécialités et de ressources capables de rivaliser avec le secteur privé.
The Oratory School, West Brompton
The Oratory School trouve ses origines dans l’œuvre de Saint John Henry Newman, qui envoya des prêtres ouvrir des écoles « où les enfants catholiques pauvres et immigrés pouvaient recevoir une éducation élémentaire » (site internet de The Oratory School). Bien que l’établissement ait évolué et se soit développé au cours de ses 150 ans d’histoire, ces principes fondateurs continuent de guider sa mission.
L’école soutient activement de nombreuses associations caritatives et projets de service communautaire, qu’elle utilise pour former des élèves engagés, bienveillants et responsables.
The Oratory bénéficie d’un rapport OFSTED jugé « excellent » et est considérée comme « une école dans laquelle les élèves s’épanouissent » (OFSTED, 2022). Principalement réservée aux garçons, l’école dispose toutefois d’un sixième cycle (sixth form) mixte.
L’admission repose principalement sur un critère de zone géographique, avec une priorité accordée aux élèves catholiques et à ceux présentant des aptitudes musicales. L’établissement est particulièrement fier de son département de musique et s’attache à développer les talents tout au long de la scolarité. En moyenne, 160 garçons sont admis chaque année en Year 7.
Camden School for Girls (CSG), Camden
La Camden School for Girls est un établissement public polyvalent pour filles, avec un sixième cycle mixte. Elle a été fondée par Frances Mary Buss, figure pionnière du XIXᵉ siècle dans la défense des droits éducatifs des femmes et des jeunes filles. Fidèle à cet héritage, l’école accorde une grande importance à l’égalité des chances et à l’éducation socio-politique liée au genre.
Également classée « outstanding » par l’OFSTED, la CSG offre une éducation de très haut niveau. La nouvelle cheffe d’établissement met l’accent sur la création d’un environnement d’apprentissage à la fois ambitieux et bienveillant. L’innovation et la créativité sont au cœur du projet pédagogique, avec une forte valorisation de la pensée originale et de la prise d’initiative pour atteindre l’excellence académique.
La CSG se distingue également par la qualité de son réseau : partenariats solides avec des universités, des écoles privées, le secteur commercial, ainsi qu’un réseau actif de parents et d’anciennes élèves, contribuant à offrir aux élèves un environnement riche en opportunités et en connexions.
Chaque année, l’école admet 120 élèves en Year 7. La procédure de candidature comprend une « session d’évaluation non compétitive », permettant de répartir les élèves en différents groupes (bands), avec 30 admissions par groupe. Des informations complémentaires sont disponibles ici.
Le sixième cycle accueille chaque année environ 140 élèves externes, un chiffre pouvant légèrement varier en fonction du nombre d’élèves internes poursuivant leur scolarité à la CSG. Une liste d’attente de 30 candidats est également constituée. Plus de détails sont disponibles ici.
Fox Primary School, Kensington
Fox Primary School est une école primaire publique mixte, classée « outstanding » par l’OFSTED, située en plein cœur de Londres. Implantée entre Kensington High Street et Notting Hill, elle est facilement accessible depuis de nombreux quartiers centraux.
Il s’agit d’une école communautaire non sélective qui se distingue par son haut niveau d’inclusion, avec une proportion importante d’élèves ayant des besoins éducatifs particuliers (SEN), des élèves non bilingues en anglais (EAL) et des enfants pris en charge par les services sociaux.
La direction a structuré l’éthique de l’école autour de cinq valeurs clés : le respect, la résilience, la collaboration, la curiosité et l’inclusion. Ces principes soutiennent un programme riche et bien doté, reflétant la diversité culturelle et sociale des élèves.
En 2022, 27 enfants ont été admis sur 63 candidatures provenant de familles résidant dans le même secteur scolaire. En raison de sa forte popularité, les chances d’admission se situent donc autour de 40 %.
Grey Coat Hospital School, Westminster
La Grey Coat Hospital School est une excellente école publique située à Westminster. Elle bénéficie d’un rapport OFSTED « outstanding » et accueille des élèves de 11 à 18 ans. Bien que l’établissement soit majoritairement féminin, les garçons sont admis en Years 12 et 13, rendant le sixième cycle mixte.
L’école possède une valeur historique exceptionnelle, ses origines remontant à 1698. Le bâtiment principal, classé et datant du début du XVIIIᵉ siècle, constitue un cadre remarquable pour l’apprentissage et ne manquera pas de séduire élèves et familles.
La Grey Coat Hospital School entretient un lien étroit avec l’abbaye de Westminster, ce qui entraine une forte tradition et une éthique chrétienne (Église d’Angleterre) intégrées à la vie scolaire.
L’école utilise un système de répartition des candidats par niveaux afin de garantir une diversité de profils scolaires au sein de chaque promotion. La foi constitue un critère de priorité, sans être obligatoire, et une pratique religieuse régulière peut augmenter les chances d’admission. Les critères détaillés sont disponibles ici.
St. Anselm’s Catholic Primary School, Harrow
St. Anselm’s Catholic Primary School est un établissement très apprécié, reconnu pour son excellence à plusieurs niveaux. Sa devise – « Apprendre et grandir ensemble à travers la prière, la foi et l’amour » – illustre parfaitement son approche, alliant hauts standards académiques et enseignement moral et éthique fondé sur son lien avec l’Église.
L’école obtient régulièrement des résultats bien supérieurs aux moyennes nationales et locales. Contrairement à de nombreuses écoles primaires publiques, St. Anselm’s dispose d’enseignants spécialisés en langues vivantes étrangères et en musique.
Malgré son haut niveau d’exigence, l’école est réputée auprès des parents pour son atmosphère chaleureuse et attentive, où chaque enfant est valorisé. Son classement « outstanding » OFSTED se reflète clairement dans les avis disponibles en ligne.
Chaque année, 60 élèves sont admis en première année de maternelle. La demande dépasse généralement l’offre, et l’appartenance religieuse de la famille peut constituer un atout dans le processus d’admission. L’école accueille avec plaisir les parents intéressés pour des visites.
Si vous hésitez entre l’enseignement public et privé, notre article analysant les avantages et les caractéristiques des écoles privées pourrait vous intéresser.
Pour un accompagnement personnalisé dans les démarches d’admission aux meilleures écoles publiques et privées de Londres, n’hésitez pas à nous contacter.
Pendant la pandémie, nombre de nos clients ont quitté Londres. Ils étaient attirés par la promesse d’une vie plus calme : promenades à la campagne, écoles sélectives, villages soudés et esprit de communauté. Cinq ans plus tard, beaucoup font le chemin inverse et reviennent dans la capitale. Nous explorons les raisons de ce retour.
Sur le plan culturel, Londres a tout pour plaire. Musées, galeries, parcs — dont beaucoup sont gratuits. Les transports, même s’ils ne sont pas parfaits (la ligne Bakerloo… inutile d’en dire plus !), restent globalement très efficaces. Les Cotswolds peuvent sembler idylliques, tout comme le Somerset. Le Kent, le Buckinghamshire ou le Lincolnshire, avec leurs grammar schools, ont séduit bon nombre de nos clients. Pour certaines familles, notamment celles qui se sont installées dans des villes dynamiques comme Tunbridge Wells, le changement a été une réussite. Pour d’autres, en revanche, se retrouver coincés dans un village avec des adolescents et un seul bus par jour peut vite devenir étouffant. Pour les parents, réduits au rôle de chauffeurs, et pour les jeunes qui peinent à voir leurs amis après l’école, le rêve de la campagne tourne souvent court.
Aurélie, directrice d’entreprise, cite le manque de vie culturelle et la difficulté à se faire de véritables amis parmi les raisons qui ont poussé sa famille à quitter le Somerset pour revenir à Londres. « Tout le monde dans le village était très gentil, et je ne peux absolument pas le nier », explique-t-elle. « Nous étions invités à dîner, au pub du village, à des promenades avec d’autres familles. Mais on a vite fait le tour des conversations : les réparations du toit de la salle des fêtes, la barn dance du samedi ou l’enfant qui a frappé Henry dans la cour de récréation. Culturellement, j’avais besoin de plus. J’avais envie de sortir de chez moi, prendre un café, entendre d’autres langues dans la rue, aller voir un film espagnol. J’avais aussi le sentiment que le cercle social de mes enfants était très limité. » Autant de raisons qui ont motivé le retour de la famille à Londres.
Pour les familles, l’éducation est un facteur clé — et Londres se distingue nettement, tant dans le public que dans le privé. Sur les 50 meilleurs établissements publics du pays, 17 se trouvent à Londres. Certains, comme Brampton Manor Academy, envoient plus d’élèves à Oxford et Cambridge qu’Eton. D’autres, comme Camden School for Girls, Greycoat Hospital School à Westminster ou St Anselm’s à Harrow, rivalisent avec les meilleures écoles privées par la qualité de leur enseignement et leur approche pédagogique. Londres affiche également les meilleurs résultats du pays aux examens, notamment au GCSE. Les élèves issus de milieux moins favorisés y obtiennent systématiquement de meilleurs résultats que leurs homologues ailleurs, révélant un fossé régional persistant en matière d’éducation publique.
Contrairement à de nombreuses régions, Londres dispose aussi d’excellentes écoles internationales : Halcyon, l’American School of London, Jeannine Manuel ou encore le Lycée Charles de Gaulle à Kensington. Pour les familles internationales souhaitant une scolarité en anglais tout en maintenant, par exemple, un bon niveau d’allemand écrit, il existe d’excellentes Samstagschulen (écoles du samedi). En dehors de Londres, l’offre linguistique est souvent plus limitée. Les écoles privées, telles que City of London School for Girls ou City of London School for Boys, se distinguent par leur grande diversité culturelle, leur excellence académique et leurs généreux programmes de bourses.
Si vos enfants choisissent de rester vivre à la maison pendant leurs études supérieures, Londres abrite certaines des meilleures universités du pays : la London School of Economics (LSE), Imperial College, University College London (UCL), Birkbeck ou la School of Oriental and African Studies (SOAS). Les théâtres, comme l’Almeida à Islington, proposent d’excellents programmes de formation pour les jeunes comédiens. Sur le plan musical, l’offre est tout aussi riche : orchestres, chorales, et le
programme junior de la Royal Academy of Music. Sans oublier que la profusion d’activités — musées, galeries, clubs de jeunes, sport, bénévolat — contribue à occuper les adolescents et à les éloigner des tentations.
Enfin, pour la transition vers l’âge adulte et les premières opportunités professionnelles, Londres est sans égal. Pour ceux qui envisagent des études de médecine, les possibilités de bénévolat sont nombreuses dans les hôpitaux, les maisons de retraite et les associations caritatives. Sophie, data scientist, envisage elle aussi un retour à Londres après s’être installée dans le Lincolnshire pendant la pandémie, attirée par les grammar schools et la qualité de vie. Sa fille aînée, âgée de 16 ans, étudie le design de mode en sixième année. « La quasi-totalité des stages et placements d’été dans la mode se trouvent à Londres », explique Sophie. « Ici, dans le Lincolnshire, ma fille passe à côté d’expériences professionnelles essentielles. Nous vivons près d’une campagne magnifique, mais à quelle fréquence en profitons-nous vraiment ? Oui, la vie est plus calme, mais j’ai le sentiment que nous avons perdu culturellement et socialement. »
Quitter Londres peut être une excellente décision pour certaines familles. Cependant, nombreuses sont celles qui regrettent d’avoir échangé la capitale contre la campagne.
Pour des conseils sur les écoles publiques, privées et internationales, à Londres comme dans le reste du Royaume-Uni, n’hésitez pas à nous contacter.
Après plusieurs années en dehors du programme phare de mobilité étudiante en Europe, le Royaume-Uni s’apprête à réintégrer Erasmus+ à partir de l’année universitaire 2027/28. Pour le monde de l’éducation, il s’agit d’un tournant attendu de longue date — non seulement en matière de politique, mais aussi dans la façon dont le Royaume-Uni se reconnecte aux études et à la coopération internationales.
Même si certains aspects restent à préciser, la décision de principe est désormais confirmée. Voici ce que nous savons à ce stade, ce qui est encore en cours de finalisation, et ce que ce retour devrait concrètement signifier pour les étudiants, les établissements et les partenaires internationaux.
Calendrier et financement
Le gouvernement britannique et l’Union européenne ont convenu que le Royaume-Uni s’associera à Erasmus+ à partir de 2027, avec une entrée en vigueur dès l’année universitaire 2027/28. Cette annonce s’inscrit dans le cadre plus large du « reset » des relations Royaume-Uni–UE en 2025.
Le gouvernement a confirmé:
· Une contribution britannique d’environ 570 millions de livres sterling pour la première année
· Une réduction de 30 % par rapport aux conditions standards de participation
· Une participation initiale alignée sur le cadre budgétaire actuel de l’UE
Comment Erasmus+ fonctionnera pour les étudiants britanniques
Erasmus+ ne fonctionne pas comme une bourse individuelle à laquelle on postule directement en ligne. Le programme passe par les établissements d’enseignement.
En pratique :
· Les universités, collèges, écoles et organismes de formation demandent les financements Erasmus+
· Les établissements proposent ensuite des places d’échange avec leurs partenaires européens, ainsi que des bourses pour leurs étudiants et leur personnel
· Les étudiants candidatent en interne, via leur propre établissement
Une nouvelle Agence nationale britannique
La majorité des activités Erasmus+ sont gérées au niveau national, et non depuis Bruxelles. Le gouvernement a confirmé la création d’une Agence nationale britannique chargée de piloter le programme.
Un site internet dédié et des lignes directrices détaillées devraient être publiés d’ici l’été 2026, afin de laisser aux établissements le temps de se préparer pour les premiers échanges prévus en 2027.
Pour les étudiants, cela signifie que les informations pratiques — destinations possibles, durée des mobilités, niveaux de financement — commenceront à apparaître au cours de l’année universitaire 2026–2027.
Ce que couvre réellement le financement Erasmus+
L’un des grands atouts d’Erasmus+ est de rendre la mobilité internationale réaliste, et pas seulement accessible à une minorité.
Les financements peuvent couvrir :
· Les frais de voyage
· Les dépenses de vie à l’étranger
· Les frais de scolarité ou de formation (le cas échéant)
· Les frais de visa et d’entrée
· La préparation linguistique
· Les coûts administratifs et organisationnels
Un soutien supplémentaire est également prévu pour les étudiants en situation de handicap, ayant des besoins éducatifs spécifiques ou issus de milieux modestes. L’inclusion est un pilier fondamental du programme depuis sa création.
La répartition précise de ces financements reste toutefois à définir et dépendra en partie des décisions prises par chaque établissement.
En quoi Erasmus+ diffère du programme Turing
Depuis 2021, la mobilité internationale britannique repose sur le programme Turing. S’il a permis d’élargir les destinations au-delà de l’Europe, il présente une limite majeure : il fonctionne principalement dans un seul sens.
Le retour à Erasmus+ réintroduit :
· Des échanges réciproques, avec des étudiants et des personnels entrant et sortant du Royaume-Uni
· Des partenariats institutionnels durables, plutôt que des placements ponctuels
· Des opportunités dans une grande diversité de contextes éducatifs : enseignement supérieur, formation professionnelle, apprentissage, éducation des adultes, écoles, jeunesse et mobilité du personnel
Le gouvernement a indiqué que des dispositifs spécifiquement britanniques pourraient continuer à coexister avec Erasmus+, notamment pour les destinations hors Europe. Les modalités de cette coexistence restent toutefois à clarifier.
Ce que cela signifie pour les étudiants
Pour les étudiants britanniques, Erasmus+ représente bien plus qu’un simple semestre à l’étranger. Pour les étudiants européens, il élargit à nouveau les possibilités d’étudier au Royaume-Uni.
Une expérience académique enrichie
Étudier ou se former dans un autre pays permet de découvrir de nouvelles méthodes pédagogiques, cultures universitaires et infrastructures. Dans certains domaines, cela peut offrir un accès à des modules spécialisés, des laboratoires ou des stages indisponibles dans le pays d’origine.
Des compétences clés pour l’emploi
La mobilité internationale contribue fortement au développement de :
· La confiance en soi et l’autonomie
· Les compétences linguistiques
· La sensibilité interculturelle
Autant de qualités particulièrement recherchées par les employeurs, notamment dans les secteurs à dimension internationale.
Ce que cela change pour les universités et les collèges
Erasmus+ ne se limite pas à l’envoi d’étudiants à l’étranger. Il constitue aussi un cadre structurant pour une coopération à long terme. Les établissements peuvent s’appuyer sur le programme pour :
· Développer des formations conjointes et des diplômes communs
· Partager les pratiques pédagogiques et innover dans les programmes
· Favoriser la mobilité du personnel et le développement professionnel
· Renforcer des partenariats internationaux qui débouchent souvent sur des collaborations plus larges
Pour de nombreux établissements, Erasmus+ apporte une stabilité et une continuité dans les relations internationales, devenues plus difficiles à maintenir ces dernières années.
Des bénéfices pour les étudiants internationaux et les partenaires
Le retour dans Erasmus+ est également important pour celles et ceux qui souhaitent venir étudier au Royaume-Uni. Les échanges financés permettront :
· D’augmenter les opportunités pour les étudiants européens
· D’enrichir la diversité des salles de classe et les apprentissages entre pairs
· De renforcer le rôle du Royaume-Uni comme partenaire éducatif collaboratif, et pas seulement comme destination
Certaines modalités pratiques — notamment en matière de frais de scolarité pour les étudiants entrants — seront précisées une fois les directives de l’Agence nationale publiées.
Ce que nous attendons encore
Plusieurs questions restent ouvertes, notamment :
· Les montants définitifs des bourses et les ajustements liés au coût de la vie
· L’articulation concrète entre Erasmus+ et le programme Turing
· Le financement britannique à long terme, au-delà de la première année
· Les modalités pratiques des procédures de visa
La majorité de ces éléments devraient être clarifiés au cours de l’année 2026.
En résumé
Le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ va bien au-delà d’un simple changement de politique. Il marque un engagement renouvelé en faveur de l’échange international, de la coopération et des opportunités éducatives.
Pour les étudiants, il rouvre une voie structurée et financée vers des études ou des formations à l’étranger. Pour les établissements, il rétablit un cadre essentiel à la collaboration et à l’innovation. Pour les partenaires internationaux, il reconnecte le Royaume-Uni au plus grand réseau européen de mobilité éducative.
À mesure que les détails pratiques se précisent, une anticipation précoce — en particulier pour les étudiants et les institutions visant 2027 et au-delà — sera essentielle.
Si vous envisagez d’étudier à l’étranger, nous pouvons vous accompagner dans le choix d’une université, d’un collège de formation professionnelle ou d’un organisme de formation au Royaume-Uni disposant de partenariats internationaux en adéquation avec vos objectifs. Contactez-nous pour découvrir comment nous pouvons vous soutenir à chaque étape de votre parcours éducatif, de la planification à la candidature.






