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Edward De Mesquita, l’homme derrière la crêperie culte de Hampstead 


Crêperie française Hampstead

Au nord de Londres, la file devant La Crêperie de Hampstead est devenue presque aussi célèbre que les crêpes elles-mêmes. Derrière ce succès se trouve Edward De Mesquita, un Franco-britannique de cette boutique, devenue au fil des décennies une adresse culte.

Avant de devenir crêpier, le fondateur travaillait dans la finance, un univers qu’il dit avoir détesté. Le vrai tournant est venu plus tôt, au contact de la cuisine française, qu’il découvre et adopte. « Je suis devenu véritablement français, en cuisinant français », explique-t-il. Il s’est ainsi formé et a développé son goût pour une gastronomie qu’il considère comme un art.

C’est pourtant à Londres que tout commence vraiment. D’abord, il prépare pour le plaisir des crêpes pour des soirées dansantes de l’église française Notre-Dame, et c’est un carton. Puis en 1977, il entend parler par hasard, d’un marché illégal à Hampstead, il décide de tout lâcher et se lance avec une table, une machine et beaucoup d’instinct. Dès le premier jour, la queue se forme. Commencé en tant que « squatteur » avec un dispositif rudimentaire, il bâtit une remorque en bois en 1980, qu’il installe devant un pub sur la High Street, lieu qu’il n’a jamais déserté.

Le secret d’une file d’attente

Située pile au cœur de Hampstead, quartier bourgeois, la crêperie détonne à l’époque. Les anciens et les propriétaires fortunés de la colline n’aiment pas l’idée de voir un stand de rue français s’installer ici. Après des années de lutte, de changements administratifs, d’interdictions, de tensions avec certains voisins, jusqu’à une tentation de fermeture qui a tenté de couper l’eau et l’électricité, la communauté locale s’est mobilisée. Une pétition a réuni près de 30,000 signatures, des habitués, des célébrités, des anonymes, tous attachés à cette petite crêperie.

L’adresse est depuis devenue emblématique et sa queue aussi. Elle n’était pourtant pas un objectif marketing au départ, simplement le signe qu’un bouche-à-oreille était en train de se créer. « Les gens voient une queue, ils sont curieux », raconte Edward De Mesquita. Pour lui, une file en attire une autre : les passants voient du monde, s’arrêtent, observent, puis finissent par goûter.

Selon lui, le vrai secret de ses crêpes tient à la cuisson et à la caramélisation. « Les gens ne savent pas que l’ingrédient essentiel dans les crêpes, c’est la chaleur », dit-il. Le résultat, ce sont des galettes différentes de celles que l’on trouve ailleurs, avec une texture reconnaissable entre toutes. « L’argent n’est pas notre but. C’est la qualité ». Edward De Mesquita défend une cuisine : artisanale, accessible et sans prétention. Pour cela, il a tout réalisé lui-même, que ce soit l’habitat, la ventilation ou les machines, tout est du sur mesure.

Tout aussi célèbre que certains des clients

Depuis deux ans, un stand voisin s’est installé, à deux mètres, avec une machine standard et un concept semblable. « La plupart des gens ne font pas la différence : ils croient voir une seconde file, alors qu’ils goûtent un tout autre produit ».

Et si la concurrence a réussi à se glisser, c’est aussi grâce à sa clientèle célèbre. Avec des clients comme Ariana Grande, Ashton Kutcher, Mila Kunis ou même Harry Styles, Edward De Mesquita tient à relativiser cette image glamour. « À cause de la presse et des paparazzi, les stars mangent leurs crêpes cachées, c’est vraiment dommage », illustre-t-il.

L’avenir d’un lieu devenu symbole

Longtemps, Edward De Mesquita a résisté à l’idée d’agrandir trop vite. Il a déjà possédé de nombreux restaurants, sans y retrouver ni la même énergie ni la même rentabilité que dans le format plus direct de la crêperie. C’est pour cela qu’il a mis autant de temps à ouvrir un deuxième lieu à West Hampstead, pas loin du premier. Pour lui, le modèle repose sur le flux, la simplicité et la fidélité à un cadre très précis.

Aujourd’hui, l’avenir se dessine autrement. Edward De Mesquita, devenu âgé, a transmis une partie du savoir-faire à son équipe et évoque une suite portée par plus jeune que lui. Son manager a pour projet d’amener le concept de la crêperie dans d’autres pays avec un système de chaîne.

Mais sa ligne reste inchangée : ne pas sacrifier la qualité à la croissance. Et c’est là que se trouve la véritable réussite d’Edward De Mesquita : avoir bâti, à partir d’un petit stand de quartier, une institution londonienne sans jamais renier son esprit d’origine. Une crêperie devenue culte, mais qui continue de fonctionner comme un lieu de métier, de transmission et de fidélité.

Cet article a été initialement publié par French Morning Media Group et est reproduit sur le site de Lumos Education avec autorisation.

Article original : « Edward De Mesquita, l’homme derrière la crêperie culte de Hampstead » par Clara Roche, publié le 11 mai 2026.

 

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