Après plusieurs années en dehors du programme phare de mobilité étudiante en Europe, le Royaume-Uni s’apprête à réintégrer Erasmus+ à partir de l’année universitaire 2027/28. Pour le monde de l’éducation, il s’agit d’un tournant attendu de longue date — non seulement en matière de politique, mais aussi dans la façon dont le Royaume-Uni se reconnecte aux études et à la coopération internationales.
Même si certains aspects restent à préciser, la décision de principe est désormais confirmée. Voici ce que nous savons à ce stade, ce qui est encore en cours de finalisation, et ce que ce retour devrait concrètement signifier pour les étudiants, les établissements et les partenaires internationaux.
Calendrier et financement
Le gouvernement britannique et l’Union européenne ont convenu que le Royaume-Uni s’associera à Erasmus+ à partir de 2027, avec une entrée en vigueur dès l’année universitaire 2027/28. Cette annonce s’inscrit dans le cadre plus large du « reset » des relations Royaume-Uni–UE en 2025.
Le gouvernement a confirmé:
· Une contribution britannique d’environ 570 millions de livres sterling pour la première année
· Une réduction de 30 % par rapport aux conditions standards de participation
· Une participation initiale alignée sur le cadre budgétaire actuel de l’UE
Comment Erasmus+ fonctionnera pour les étudiants britanniques
Erasmus+ ne fonctionne pas comme une bourse individuelle à laquelle on postule directement en ligne. Le programme passe par les établissements d’enseignement.
En pratique :
· Les universités, collèges, écoles et organismes de formation demandent les financements Erasmus+
· Les établissements proposent ensuite des places d’échange avec leurs partenaires européens, ainsi que des bourses pour leurs étudiants et leur personnel
· Les étudiants candidatent en interne, via leur propre établissement
Une nouvelle Agence nationale britannique
La majorité des activités Erasmus+ sont gérées au niveau national, et non depuis Bruxelles. Le gouvernement a confirmé la création d’une Agence nationale britannique chargée de piloter le programme.
Un site internet dédié et des lignes directrices détaillées devraient être publiés d’ici l’été 2026, afin de laisser aux établissements le temps de se préparer pour les premiers échanges prévus en 2027.
Pour les étudiants, cela signifie que les informations pratiques — destinations possibles, durée des mobilités, niveaux de financement — commenceront à apparaître au cours de l’année universitaire 2026–2027.
Ce que couvre réellement le financement Erasmus+
L’un des grands atouts d’Erasmus+ est de rendre la mobilité internationale réaliste, et pas seulement accessible à une minorité.
Les financements peuvent couvrir :
· Les frais de voyage
· Les dépenses de vie à l’étranger
· Les frais de scolarité ou de formation (le cas échéant)
· Les frais de visa et d’entrée
· La préparation linguistique
· Les coûts administratifs et organisationnels
Un soutien supplémentaire est également prévu pour les étudiants en situation de handicap, ayant des besoins éducatifs spécifiques ou issus de milieux modestes. L’inclusion est un pilier fondamental du programme depuis sa création.
La répartition précise de ces financements reste toutefois à définir et dépendra en partie des décisions prises par chaque établissement.
En quoi Erasmus+ diffère du programme Turing
Depuis 2021, la mobilité internationale britannique repose sur le programme Turing. S’il a permis d’élargir les destinations au-delà de l’Europe, il présente une limite majeure : il fonctionne principalement dans un seul sens.
Le retour à Erasmus+ réintroduit :
· Des échanges réciproques, avec des étudiants et des personnels entrant et sortant du Royaume-Uni
· Des partenariats institutionnels durables, plutôt que des placements ponctuels
· Des opportunités dans une grande diversité de contextes éducatifs : enseignement supérieur, formation professionnelle, apprentissage, éducation des adultes, écoles, jeunesse et mobilité du personnel
Le gouvernement a indiqué que des dispositifs spécifiquement britanniques pourraient continuer à coexister avec Erasmus+, notamment pour les destinations hors Europe. Les modalités de cette coexistence restent toutefois à clarifier.
Ce que cela signifie pour les étudiants
Pour les étudiants britanniques, Erasmus+ représente bien plus qu’un simple semestre à l’étranger. Pour les étudiants européens, il élargit à nouveau les possibilités d’étudier au Royaume-Uni.
Une expérience académique enrichie
Étudier ou se former dans un autre pays permet de découvrir de nouvelles méthodes pédagogiques, cultures universitaires et infrastructures. Dans certains domaines, cela peut offrir un accès à des modules spécialisés, des laboratoires ou des stages indisponibles dans le pays d’origine.
Des compétences clés pour l’emploi
La mobilité internationale contribue fortement au développement de :
· La confiance en soi et l’autonomie
· Les compétences linguistiques
· La sensibilité interculturelle
Autant de qualités particulièrement recherchées par les employeurs, notamment dans les secteurs à dimension internationale.
Ce que cela change pour les universités et les collèges
Erasmus+ ne se limite pas à l’envoi d’étudiants à l’étranger. Il constitue aussi un cadre structurant pour une coopération à long terme. Les établissements peuvent s’appuyer sur le programme pour :
· Développer des formations conjointes et des diplômes communs
· Partager les pratiques pédagogiques et innover dans les programmes
· Favoriser la mobilité du personnel et le développement professionnel
· Renforcer des partenariats internationaux qui débouchent souvent sur des collaborations plus larges
Pour de nombreux établissements, Erasmus+ apporte une stabilité et une continuité dans les relations internationales, devenues plus difficiles à maintenir ces dernières années.
Des bénéfices pour les étudiants internationaux et les partenaires
Le retour dans Erasmus+ est également important pour celles et ceux qui souhaitent venir étudier au Royaume-Uni. Les échanges financés permettront :
· D’augmenter les opportunités pour les étudiants européens
· D’enrichir la diversité des salles de classe et les apprentissages entre pairs
· De renforcer le rôle du Royaume-Uni comme partenaire éducatif collaboratif, et pas seulement comme destination
Certaines modalités pratiques — notamment en matière de frais de scolarité pour les étudiants entrants — seront précisées une fois les directives de l’Agence nationale publiées.
Ce que nous attendons encore
Plusieurs questions restent ouvertes, notamment :
· Les montants définitifs des bourses et les ajustements liés au coût de la vie
· L’articulation concrète entre Erasmus+ et le programme Turing
· Le financement britannique à long terme, au-delà de la première année
· Les modalités pratiques des procédures de visa
La majorité de ces éléments devraient être clarifiés au cours de l’année 2026.
En résumé
Le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ va bien au-delà d’un simple changement de politique. Il marque un engagement renouvelé en faveur de l’échange international, de la coopération et des opportunités éducatives.
Pour les étudiants, il rouvre une voie structurée et financée vers des études ou des formations à l’étranger. Pour les établissements, il rétablit un cadre essentiel à la collaboration et à l’innovation. Pour les partenaires internationaux, il reconnecte le Royaume-Uni au plus grand réseau européen de mobilité éducative.
À mesure que les détails pratiques se précisent, une anticipation précoce — en particulier pour les étudiants et les institutions visant 2027 et au-delà — sera essentielle.
Si vous envisagez d’étudier à l’étranger, nous pouvons vous accompagner dans le choix d’une université, d’un collège de formation professionnelle ou d’un organisme de formation au Royaume-Uni disposant de partenariats internationaux en adéquation avec vos objectifs. Contactez-nous pour découvrir comment nous pouvons vous soutenir à chaque étape de votre parcours éducatif, de la planification à la candidature.


